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Info-négo

No 16

Point sur la négo
Une contre-proposition qui a malheureusement des allures de poisson d’avril
1er avril 2021
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Vous trouverez ici un lien vers une version anglaise de l’Info-négo 16. Vous pouvez également télécharger les versions disponibles du document en PDF avec les boutons ci-dessous.

Hier matin, le Conseil du trésor a déposé, à la table centrale, une nouvelle contre-proposition. Après analyse, nous constatons que cette dernière n’en est pas une, puisqu’elle correspond presque en tout point à la dernière offre que nous avons rejetée en mai 2020. Il est donc clair que le gouvernement Legault nous a conviés cette semaine à une opération de communication, un désolant exercice de relations publiques sur notre dos, à nous toutes et à nous tous, travailleuses et des travailleurs des services publics.

À la lecture des principaux éléments de cette proposition, on peut malheureusement se dire que nous avons perdu un an à tenter de négocier avec un gouvernement qui, manifestement, n’a aucune écoute et aucune considération pour les besoins des personnels de tous les secteurs des services publics qui lui ont pourtant été présentés de manière claire et détaillée aux tables de négociation. Les paramètres salariaux restent identiques à ceux de la dernière offre, soit 1,75 % en 2020, 1,75 % en 2021 et 1,5 % en 2022, et la partie patronale choisit plutôt d’apporter des bonifications mineures aux montants forfaitaires de la première et de la deuxième année, alors que nous avons clairement exprimé que des mesures éphémères comme celles-ci ne permettent pas d’attirer et de retenir les travailleuses et les travailleurs dans les réseaux. Rappelons que les montants forfaitaires ne sont pas récurrents et qu’ils ne sont pas inclus dans le calcul de notre rente de retraite.

L’autre nouveauté de ce dépôt quant aux paramètres salariaux est la mise en place, pour la durée de la convention collective, d’un mécanisme plafonné de protection du pouvoir d’achat qui permet d’ajouter au plus 1 %, si l’inflation dépasse 5 % sur la période de trois ans. Le Conseil du trésor essaie de nous vendre ce mécanisme comme un gain significatif, alors que, si l’inflation dépassait 6 % sur trois ans, ce serait encore l’appauvrissement pour les travailleuses et les travailleurs des services publics. De plus, le gouvernement lie ce mécanisme à la croissance économique, ce qui ajoute une contrainte de plus à son déclenchement.

Donc, sur les salaires, dans les faits, les offres du Conseil du trésor ne permettent aucun enrichissement. Aucun. On est bien loin du coup de barre nécessaire!

Sur le plan des conditions de travail, le gouvernement maintient les mêmes enveloppes monétaires aux tables sectorielles, des enveloppes nettement insuffisantes. Là aussi, comme sur les paramètres salariaux, il fait la sourde oreille à nos revendications, ce qui nous prouve une fois de plus qu’il n’en a que pour ses propres priorités. En agissant de la sorte, il laisse sur le bas-côté la grande majorité des travailleuses et des travailleurs des services publics, notamment dans le secteur scolaire, dans les collèges et dans les organismes gouvernementaux.

En refusant de reconnaître que la situation était déjà critique dans nos milieux de travail bien avant la pandémie et en choisissant de gérer les crises lorsqu’elles éclatent médiatiquement au lieu de travailler, avec nous, à régler les problèmes de fond, M. Legault nous force à prendre les grands moyens pour lui faire entendre raison. Sa nouvelle tentative des derniers jours de régler au rabais les conventions collectives du secteur public est un coup bas de plus et nous devons lui faire savoir que nous ne nous laisserons pas faire. Depuis le 15 mars, nous avons en poche des mandats forts pour planifier la grève et c’est ce à quoi travaillent intensivement les quatre fédérations du secteur public de la CSN. Bien évidemment, nous souhaitons avant tout obtenir une entente négociée qui apporte de réelles solutions qui permettront aux travailleuses et aux travailleurs d’offrir des services de qualité à la population. Cependant, au cours des prochaines semaines, nous partirons à la recherche de mandats de grève afin d’avoir en main toutes les armes nécessaires pour pouvoir dire haut et fort à ce gouvernement méprisant : nous sommes prêtes, nous sommes prêts. S’il le faut, nous utiliserons l’ultime moyen de pression pour améliorer nos conditions de travail et ainsi défendre les services auxquels les Québécoises et les Québécois ont droit.

 

S’UNIR. AGIR. GAGNER.

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