Communiqué

Négociation 2023
Pas d’entente possible sans une garantie de la protection du pouvoir d'achat et un enrichissement permettant un rattrapage salarial

Publié le 12 décembre 2023
Dernière mise à jour le 29 février 2024

Les porte-paroles du Front commun réagissent à l'offre du 6 décembre

« Il n’y aura pas d’entente sans la protection du pouvoir d’achat et sans un enrichissement permettant un rattrapage pour nos membres. Nous ne laisserons personne s’appauvrir et ça, le gouvernement de la CAQ doit le comprendre ». C’est en ces termes que les porte-paroles du Front commun ont répondu à l’offre de table centrale déposée hier par le gouvernement.

Pour François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras président de la CSQ, Magali Picard présidente de la FTQ et Robert Comeau, président de l’APTS, le gouvernement a finalement déposé hier – un an après le début des discussions – une première offre salariale qui permettra de négocier de manière plus sérieuse. Toutefois, il semble toujours aussi déconnecté de la réalité vécue par les travailleuses et les travailleurs des services publics, en offrant 12,7% sur cinq ans. « Pas 16,7% comme il l’affirme publiquement, mais bel et bien 12,7%, tel qu’écrit noir sur blanc dans le dépôt ».

Appauvrir les femmes

Rappelons que selon les chiffres du ministère du Travail, les conventions collectives signées en 2022 incluent une augmentation moyenne de 9 % pour la première année. Que propose le gouvernement aux travailleuses et aux travailleurs des réseaux publics pour la première année? Un maigre 4,3 %, alors que l’inflation de 2022 a été de 6,7 %.

« Est-ce que les médecins spécialistes, est-ce que les policiers de la SQ, est-ce que les juges accepteraient de s’appauvrir? La réponse est NON. Comment le gouvernement de la CAQ peut-il sérieusement proposer cela aux femmes des services publics? »

Aucun rattrapage

En plus de l’appauvrissement qui est sur la table, la nouvelle offre ne permet toujours pas un rattrapage. « Les travailleuses et les travailleurs continueront de subir un retard important par rapport aux autres salarié-es du Québec, tant sur les salaires que sur la rémunération globale, même quand on considère le régime de retraite. Il s’agit d’un enjeu primordial si le gouvernement souhaite remettre les services publics sur les rails en attirant et en retenant la main-d’œuvre nécessaire, au lieu de quoi, les travailleuses et les travailleurs actuels seront nombreux à choisir de fuir les réseaux. » Le plus récent rapport de l’Institut de la statistique du Québec indique d’ailleurs que ce retard dans la rémunération globale est de 7,4 % par rapport aux autres salariés du Québec.

La retraite

Rare point positif de cette nouvelle offre : le recul du gouvernement à propos de ses attaques sur le régime de retraite. « Enfin, le gouvernement s’est rendu à l’évidence : les travailleuses et les travailleurs n’avaient pas à être pénalisés par la bonification du Régime des rentes du Québec. En ayant réglé cette question, nous pourrons enfin parler des salaires, des assurances, des ouvriers spécialisés et des disparités régionales, des enjeux importants pour lesquels le statut quo est impensable ».

Statistiques pour mieux comprendre les enjeux de cette négociation

  • Moyenne salariale des employées et employés du secteur public membres du Front commun : 43 916 $ ;
  • Retard salarial : 16,6 % ;
  • Retard de rémunération globale : 7,4 % ;
  • Proportion de femmes parmi les membres du Front commun : 78 %.

No agreement is possible without a mechanism to protect purchasing power and a catch-up pay increase

“There will be no agreement unless our members’ purchasing power is protected and unless they are provided with a catch-up pay increase. We won’t let any of our members get poorer – and that’s something the CAQ government needs to understand.” Such was the Front commun spokespersons’ response to the offer that the government brought to the central bargaining table yesterday.

According to CSN first vice-president François Enault, CSQ president Éric Gingras, FTQ president Magali Picard and APTS president Robert Comeau, the government has finally tabled a pay offer that will provide a basis for more serious negotiations, a year after discussions began. However, the offer – 12.7% over five years – shows that the government is still totally disconnected from reality as experienced by workers in public services. “It’s not 16.7% as the government claims in public, but 12.7% as explicitly spelled out in the offer,” noted the Front commun spokespersons.

Making women poorer

Collective agreements signed in 2022 provide for an average increase of 9% for the first year, according to figures from the Ministry of Labour. Meanwhile, what is the government offering public-sector workers for the first year? A measly 4.3% – when inflation stood at 6.7% in 2022.

“Medical specialists, Sûreté du Québec police officers, judges – would they be willing to get poorer? The answer is a resounding No. How can the CAQ government seriously make this offer to women in public services?” said the union leaders.

No catch-up pay increase

The new offer ensures that workers will get poorer, and it still does not include a catch-up pay increase. “The gap between our members and other Québec workers will still be significant, both in terms of pay and overall remuneration, and even when the pension plan is taken into account,” said the Front commun spokespersons. “This is a key issue if the government wants to get public services back on track by attracting and retaining the employees we need. Instead, we have a situation where many of the people currently employed in public institutions will choose to leave.” The most recent report from the Institut de la statistique du Québec indicates that the disparity with other Québec employees is now 7.4%.

Retirement issues

One of the few positive aspects of the new offer is the fact that the government has now stopped attacking the pension plan. “The government has finally bowed to the evidence: there was no need to penalize workers for improvements to the Québec Pension Plan,” said the spokespersons. “That issue is now settled, which means that we’ll finally be able to discuss salary, insurance, highly skilled workers, and regional disparities – all major issues for which the status quo is unthinkable.”

Some facts and figures to clarify the issues at the bargaining table

  • Average salary of Front commun public-sector employees: $43,916
  • Wage lag: 16.6%
  • Overall compensation lag: 7.4%
  • Percentage of workers represented by the Front commun who are women: 78%
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